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BURNOUT OU SYNDROME DEPUISEMENT PROFESSIONNEL

Le syndrome d’épuisement professionnel est un trouble caractérisé par un ensemble de symptômes psychologiques et comportementaux provoqués par le milieu professionnel générateur d'un stress permanent et prolongé. Qu'il s'agisse de surmenage ou de mauvaises conditions de travail : insécurité, ambiance conflictuelle, faible reconnaissance, formation ou encadrement déficitaire, non-disponibilité.

Le diagnostic de cet état classe ce trouble dans la catégorie des risques psychosociaux professionnels et non des affections psychiatriques ou psychologiques (CIM 10 : Z 73.00). C'est pourquoi, il n'est pas l'expression d'une pathologie individuelle. Et quand bien même, il partage bien des symptômes communs aux états dépressifs, il s'en départi de par son fondement.

 

Ce syndrome est nommé burn out syndrome chez les anglophones, d’où l’expression de burnout, et « mort par surcharge de travail » au Japon.

Ce syndrome d’épuisement professionnel est, à l’époque des premières observations, conçu comme un syndrome psychologique spécifique aux professions dites « aidantes » et en particulier aux professionnels de santé.

Le terme burnout  signifie « s’user, s’épuiser, craquer en raison de demandes excessives, d’énergie, de forces ou de ressources ». À l'origine, il s'agit d'un terme de l'industrie aérospatiale qui désigne une fusée à carburant solide montant à vive allure puis retombant à terre et explosant lorsque le combustible est « burn out » (épuisé).

 

Certaines professions présentent plus de risque au développement de ce syndrome : les professions où une forte implication personnelle est nécessaire, où la responsabilité est élevée, où un déséquilibre entre les objectifs et les moyens pour les atteindre existe, où les attributions des tâches à accomplir sont mal définies. Aussi, certains types de personnalité sont plus sujets que d'autres à l'émergence du trouble : ceux dont les idéaux au travail sont élevés et qui lient l'estime de soi à la performance ; ceux également dont le travail est leur seul centre d'intérêt réduisant considérablement leur vie privée et affective.

C'est ainsi que trois niveaux étiologiques ont pu être dégagés : organisationnel (surcharge de travail, rythme trop intense, horaires longs, monotonie du travail, rôle mal défini, insécurité) , inter-individuel (conflits, manque de soutien hiérarchique et d'encadrement, isolement), intra-individuel (types de personnalité décrit plus haut).

Concernant les différents symptômes rencontrés, le sentiment de fatigue, d’épuisement, la sensation d’être « vidé », est le symptôme le plus typique. À cela s'ajoutent fréquemment des troubles du sommeil puis tout un cortège de troubles somatiques comportant des douleurs (maux de ventre, céphalées, douleurs musculo-squelettiques, en particulier le mal de dos), des désordres gastro-intestinaux (conduisant parfois à l'ulcère), la réduction des défenses immunitaires (conduisant à la chronicisation des rhumes par exemple). Enfin, des manifestations anxieuses à expression neuro-végétative sont également souvent présentes.

Ce tableau peut évoluer vers un authentique syndrome dépressif où le risque suicidaire n'est pas à négliger. Par ailleurs, les répercussions touchent aussi la sphère familiale entraînant tensions dans le couple, au sein de la famille, divorces.

La prévention est un facteur capital. Le travailleur doit être en mesure de tolérer les pressions sans perdre le contrôle de la situation. Une hygiène de vie avec relaxation, yoga, exercice physique peut aider à renforcer les potentialités du travailleur.

Cloisonner vie personnelle et professionnelle en s'appliquant à gérer son temps, à dormir suffisamment, et à savoir comment déléguer ou demander de l'aide peut sauver de l'épuisement professionnel.

F. BOUYSSOU